vendredi 17 décembre 2010
Bjørn Berge, le colosse du grand nord
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Bjorn Berge sur la pochette de son 9 ème album studio
Si on devait retenir qu'une unique chose à propos de Bjørn Berge ce serait sûrement celle-ci: le type en impose pas mal. Et ceci pour deux raisons. Premièrement, c'est une véritable armoire à glace avec des bras plus gros que vos cuisses. Deuxièmement, son jeu de guitare extrêmement rageur, mélange habile de funk, blues et rock, vous fait perdre la tête tellement ça va vite. Depuis sa dizaine d'albums studio le bonhomme utilise à peu de chose de prêt la même recette: une guitare 12 cordes dans une config open chord qu'il triture avec un bottleneck sur des rythmes ultra pêchus.
Crâne rasé et tatouages multiples, Bjørn cultive le look taulard gros dur qu'aime pas qu'on lui cherche des poux dans la tête (c'est pas moi qui vais essayer). Sans avoir peur de faire l'amalgame, faut dire qu'il vient d'un pays au climat rude: c'est en Norvège qu'il fait ses débuts musicaux, d'abord au banjo dans un groupe de potes amateurs de bluegrass, puis accompagné de sa seule guitare ensuite. Depuis, Bjørn a parcouru un sacré bout de chemin et peut se targuer d'avoir su se bâtir une solide réputation de bluesman. Sa page wikipedia vante même le fait qu'il a eu l'occasion de tourner avec des monuments de l'histoire du rock tels Chuck Berry.
A l'image du titre ci-dessous, version épique de Death Letter du défunt Son House (déjà reprise par les White Stripes sur leur album De Stijl en 2000), Bjorn excelle dans l'art de la reprise. Il y a même consacré presque tout un album, I am the Antipop (2007), qui regroupe une sélection de standards rock adaptés à son style unique avec brio.
Bjørn Berge - Death letter (Son House cover)
lundi 13 décembre 2010
The swell season, une affaire qui roule
Glen Hansard et Marketa Irglova, The Swell Season
Voilà un petit groupe folk bien sympathique, avec des mélodies aériennes qui donnent envie de voyager. The Swell Season gravite autour de deux personnages aux voix très complémentaires, Glen Hansard et Marketa Irglova. Le premier est irlandais, il a fondé le groupe pop indépendant The frames en 90, et c'est une véritable bête de scène à la puissance vocale extraordinaire*. La seconde, plus discrète, vient de République Tchèque où elle a reçu une formation musicale classique en piano. Lorsque Glen et Marketa jouent ensemble, l'alchimie fonctionne du tonnerre et emballe dès les premières mesures.
Sur scène, le duo est entouré par une cohorte de musiciens qui vivifient leurs compositions. C'est en 2005 que The Swell Season commence à se produire, après la rencontre de Glen et Marketa Dans des circonstances qui ne figurent nul part sur le net...En 2006, plusieurs morceaux de leur premier album éponyme The swell Season (2006) figurent sur la B.O du film Tchèque Beauty in trouble. Fort de cette expérience, le duo en remet une couche et signe la B.O de Once, un film musical dans lequel Glen et Marketa s'improvisent comédiens et jouent quasiment leur propre rôle. Avec un coût de production relativement limité, Once parvient à remporter un franc succès, aussi bien auprès du public que de la critique (Pour l'avoir vu, faut dire qu'il est vraiment tip top).
La notoriété des Swell Season, qui jusque là était en train de monter en flèche, fait un bond de plus lorsque le morceau Falling Slowly (un poil cliché il faut l'avouer) se retrouve couronné d'un academy award. Comme il serait dommage de s'arrêter en si bon chemin, Glen et Marketa ont enregistré un troisième album, Strict Joy (2009), qui confirme définitivement l'incontestable lien musical qui les unit.
*Vidéos à l'appui, Glen l'écorché vif braille tellement fort qu'il parvient à capter l'attention d'une salle de concert pleine rien qu'avec sa guitare, et ce, sans amplification aucune! Un exercice auquel il aime s'adonner en interprétant Say it to me now, composition sublime toute en guitare voix.
The Swell season - When Your Mind's Made Up
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mercredi 8 décembre 2010
La Maison Tellier, dynamite les genres
L'art de la Fugue (2010), dernier album du collectif La Maison Tellier
La Maison Tellier. Première impression, un blase qui craint du boudin...Mais pas tant que ça après tout. Surtout lorsqu'on s'aperçoit que le groupe tient son nom d'une nouvelle de Maupassant, digne représentant de la littérature française (remember vos années lycée). Sans prétention, Helmut et Raoul, fondateurs du groupe en 2004, confient dans une interview pour le site Soul Kitchen: «on n'est pas centré non plus dans la référence à Maupassant, si on pousse le parallèle c’est pour son écriture simple, qui va facilement vers les gens. Pas besoin d’avoir de dictionnaire ou d’autres connaissances pré requises pour accéder à ce qu’il veut dire. »
Pas besoin non plus de les entendre se justifier pour comprendre qu'ils disent vrai: A l'image de leur dernier album, L'art de la fugue, La maison Tellier regorge d'influences. Celles-ci s'avèrent même très éloignées les unes des autres, quitte à semer le trouble lorsqu'elles se rencontrent. C'est l'effet produit sur des compositions comme La peste (référence au roman de Camus), où un air country côtoie un chant qui scande nonchalamment tous les ravages de la peste (personnellement, je trouve ça énorme!).
Dans le genre iconoclaste, La Maison Tellier s'était déjà illustrée lors de ses deux précédents albums. Par exemple, c'est sans concession qu'elle s'autorise une subtile reprise du tubissime Killing in the name à la sauce country. Là encore, exercice réussi!...Du côté des autres morceaux en anglais, c'est à dire environ la moitié de ce que le groupe produit, l'ensemble n'est pas aussi marquant. Exception notable pour Five Years Blues, qui combine blues et trompettes, une autre invention savoureuse du collectif.
Deux mots encore sur Babouin (en vidéo ci dessous), Composition énigmatique qui ouvre L'art de la fugue. Pas de confusion des genres pour ce morceau, mais une instru à la mandoline qui me laisse totalement pantois!
La Maison Tellier - Babouin
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mercredi 1 décembre 2010
Noir désir ne reviendra jamais
Pochette de 666.667 club, album mythique du groupe paru en 1996
Les nostalgiques de Noir dez le resteront sans doute à jamais. En effet, le retour tant attendu des quatre bordelais est sans espoir depuis l'annonce de la dissolution du groupe hier par le batteur Denis Barthe, qui précisait s'exprimer au non de tous les membres. Cette décision survient le lendemain du départ de Serge Teyssot-Gay, guitariste du groupe depuis ses débuts, qui confiait dans un bref communiqué de presse son souhait immédiat de quitter Noir Désir pour cause de multiples désaccords avec Bertrand Cantat (lire les articles de libération).
Malgré le drame impardonnable de Vilnius en 2003 qui avait plongé Cantat dans la tourmente, Noir Désir, 6 albums studios et plus de 20 ans de carrière, laisse une emprunte durable dans le paysage du rock français. Par leur militantisme sincère, (celui la même qui lors des victoires de la musique 2002 poussa le groupe à dénoncer le profit et l'hégémonie d'Universal), ainsi que par la bonne dizaine de leurs morceaux devenus des classiques à part entière, Noir Désir et sa musique restent une valeur certaine que n'ont pas fini de partager tous ceux qui saluent le travail des quatre musiciens.
La mort du groupe m'est d'autant plus difficile à encaisser qu'à mon sens la relève se fait encore attendre aujourd'hui. Espérons seulement que cette cessation d'activité sera l'occasion pour les désormais anciens membres de Noir dez de prendre un nouveau départ et d'affirmer encore leur engagement et leur talent à travers d'autres projets artistiques de qualité (comme l'avait déjà entrepris Serge Teyssot-Gay avec Zone libre, pendant que Cantat purgeait sa peine). Quoi qu'il en soit, les plus nostalgiques pourront toujours tenter de se consoler un peu avec une reprise de Bashung, Aucun express, qui devrait figurer sur une compile hommage à l'artiste.
Noir Désir - Song for JLP
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